Pityriasis versicolor

Pityriasis versicolor: traitement, symptômes et causes

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (4 votes, average: 5.00 out of 5)
Loading...

Le pityriasis versicolor est une mycose superficielle due à des levures du genre Malassezia (deux espèces Pityrosporom orbiculare et P. ovale étaient autrefois incriminées).

Seules certaines espèces de Malassezia semblent capables de libérer des acides gras à partir des triglycérides du sébum [3], ce qui expliquerait l’augmentation de la colonisation du tégument dans la période prépubertaire et la réduction chez le sujet âgé, chez qui la production sébacée diminue.

Physiopathologie du pityriasis versicolor

Il existe trois stades distincts :

  • le commensalisme, car ces levures lipophiles font partie de la flore résidente de la peau au niveau des follicules pilosébacés ;
  • la colonisation, favorisée par une production sébacée importante ;
  • et l’infection proprement dite ou pityriasis versicolor, caractérisée par des lésions cliniquement visibles, secondaires à l’envahissement du stratum corneum par les filaments.

Circonstances favorisantes

Il ne s’agit pas d’une maladie contagieuse, mais d’une infection opportuniste qui ne se développe qu’en présence de conditions locales ou générales favorisantes propres au patient.

Facteurs favorisants du pityriasis versicolor

  • Lipides cutanés ou exogènes (utilisation d’huiles solaires).
  • Sécrétion sudorale (activités responsables d’une importante sudation [sauna, hammam, sports intensifs…]).
  • Facteurs climatiques (chaleur et humidité).
  • Modifications hormonales :
  • Hypercorticisme endogène (syndrome de Cushing, grossesse) ;
  • Corticothérapie.
  • Facteurs génétiques.

Clinique

La lésion élémentaire est une macule arrondie, à limites nettes, de quelques millimètres de diamètre. Elle débute autour d’un follicule pilaire et grandit de façon centrifuge. La confluence des macules réalise des lésions de taille variable allant d’un aspect en goutte à de grandes nappes à contours polycycliques.

Au début, la teinte varie du rose chamois au brun-café au lait foncé. Puis les lésions deviennent achromatiques et sont alors particulièrement inesthétiques sur peau bronzée ou noire. Les lésions actives sont toujours finement squameuses, mais cette desquamation n’apparaît le plus souvent qu’après grattage (signe du « copeau »).

En raison du caractère lipophile du champignon, l’atteinte siège préférentiellement dans les zones cutanées les plus riches en glandes sébacées : partie haute du tronc, cou, bras, région sous-mammaire. Mais la face, la partie basse du tronc, le dos des mains, et les membres inférieurs sont parfois touchés.

Seules les plantes et les paumes sont toujours indemnes. La maladie sévit dans toutes les races et les deux sexes sont également atteints. En dehors du caractère inesthétique, la maladie est asymptomatique.

Diagnostic mycologique

Tout comme les intertrigos, le diagnostic clinique est aisé dans la majorité des cas et ne justifie pas de contrôle mycologique. Mais il existe certaines atteintes atypiques dans leur présentation clinique ou leur localisation, voire d’autres dermatoses qui peuvent prêter à confusion.

Diagnostic différentiel : autres dermatoses responsables de lésions très pigmentées (érythrasma,…) ou de lésions achromiques (vitiligo, dartres achromiantes…). Une confirmation biologique est alors nécessaire :

  • l’examen en lumière ultraviolette de Wood révèle une fluorescence jaune-vert pâle, dorée pour le pityriasis versicolor non traité. Elle permet d’apprécier également l’étendue des lésions sous-estimées à l’oeil nu ;
  • la méthode du Scotch-Test est déterminante. L’examen au microscope d’un ruban adhésif transparent appliqué sur les lésions préalablement grattées permet de visualiser le champignon dans sa phase pathogène. En revanche, la culture n’est pas un moyen diagnostique.

Traitement

Dans la majorité des cas, à l’exception des formes très étendues et récidivantes, un traitement local seul est suffisant. Le traitement curatif en local consiste en l’application d’un antifungique : les lotions, solutions ou gels moussants sont les formes galéniques les mieux adaptées. L’application a lieu une ou deux fois par jour pendant 2 à 3 semaines. Le kétoconazole (Ketodermt gel moussant monodose), l’un des plus utilisés, permet un traitement en une, voire deux applications systémiques.

Tout patient atteint de pityriasis versicolor doit être informé des trois points suivants.

Information du patient atteint de pityriasis versicolor, les trois points fondamentaux.

Il s’agit d’une infection bénigne, inesthétique mais non contagieuse.

  • Elle est due à un champignon normalement présent sur la peau, mais qui se développe à l’état pathogène lorsque des conditions locales favorables apparaissent.
  • La dépigmentation persiste malgré l’efficacité du traitement, mais est réversible avec recoloration naturelle en plusieurs mois. Pityriasis versicolor : l’essentiel à connaître
  • Il s’agit d’infections opportunistes. 4 Elles sont dues à des levures lipophiles du genre Malassezia.
  • L’interrogatoire doit rechercher les facteurs favorisants. 4 En cas de terrain favorable, des récidives sont fréquentes.
  • L’information au patient est fondamentale. Pityriasis versicolor : les erreurs à éviter
  • Confondre le pityriasis versicolor avec une dépigmentation d’autre origine.

Références

[2] Feuilhade de Chauvin M. Les mycoses en dermatologie (Dossiers du Praticien n° 329). Impact Méd Hebd 1996 ; 06 : 1-22
[3] Ingham E, Cunningham C. Malassezia furfur. J Med Vet Mycol 1993 ; 31 : 265-288
[4] Poulain D, Feuilhade de Chauvin M. Candidoses et levuroses diverses. Encycl Méd Chir (Éditions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris), Maladies infectieuses, 8-602-A-10, 1995 : 1-12
[5] Roberts DT. Oral terbinafine (Lamisilt) in the treatment of fungal infections of the skin and nails. Dermatology 1997 ; 194 (suppl 1) : 37-39