Engelures

Engelures: traitement, symptômes et causes

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Causes des engelures

Les engelures, acrosyndrome cutanéovasculaire idiopathique bénin, sont des manifestations cliniques stéréotypées liées à une hypersensibilité au froid et se distinguent ainsi des gelures. Les périodes les plus propices à la survenue d’engelures sont l’automne, l’hiver et le printemps, tout particulièrement lors d’un temps froid et humide. Les femmes sont plus que les hommes sujettes à cette affection qui n’épargne pas non plus les enfants.

Symptômes des engelures

Les engelures comportent dans leurs manifestations cliniques une composante douloureuse des extrémités, avec parfois sensation de brûlures, d’engourdissement ou de prurit. Les lésions, qui sont de survenue aiguë, comportent des papules, plaques ou tuméfactions superficielles, érythémateuses et violacées, infiltrées parfois. La peau apparaît lisse, luisante et froide au niveau de la face d’extension des doigt, mais aussi des orteils, des talons et du nez.

L’épiderme habituellement lisse peut devenir hyperkératosique. Des évolutions vers la fissuration, l’ulcération, voire l’infection peuvent se faire. La durée d’évolution est de quelques semaines. L’évolution se fait vers la guérison sans séquelles. La maladie évolue de façon sporadique, pouvant ne pas survenir certaines années.

Le diagnostic des engelures

Le diagnostic différentiel est à faire avec les gelures, plus volontiers observées au niveau des pieds, le lupus érythémateux, la sarcoïdose.

Le traitement des engelure

Le traitement des engelures est avant tout préventif, reposant sur des mesures de protection des extrémités à l’égard du froid et de l’humidité. La peau peut être protégée par des pommades ou crèmes grasses. Il faudra veiller à écarter des médications susceptibles de favoriser ce trouble, telles que les bêtabloqueurs, les vasoconstricteurs utilisés par voie nasale, ou encore les dérivés de l’ergot de seigle.

Le traitement médical des engelures repose avant tout sur les inhibiteurs calciques et a pour référence la nifédipine à la dose de 20 à 60 mg/j. Le diltiazem est une alternative possible, tout comme les dérivés nitrés en topique.

Références

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