Dermatite atopique

Dermatite atopique: traitement, symptômes et causes

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Généralités

La dermatite atopique est une forme d’eczéma, s’exprimant sur un terrain génétique particulier, l’atopie, caractérisée cliniquement par l’asthme allergique, la rhinite allergique et la dermatite atopique, une transmission héréditaire dominante de type polygénique à expression variable. En constante augmentation depuis quelques années, elle atteint 2 à 5%des enfants de moins de 2 ans.

Aspects cliniques

La dermatite atopique débute en général entre 2 et 6 mois, mais elle est parfois difficile à différencier de la dermite séborrhéique ; seule la persistance de l’éruption, l’apparition d’un prurit, seulement perceptible à l’âge de 3 mois, et l’apparition d’autres localisations permettent de confirmer a posteriori une dermatite atopique de survenue très précoce chez un nourrisson. L’évolution générale est faite de poussées entrecoupées de rémission. L’aspect des lésions et leur siège varient en fonction de l’âge ; elles sont accompagnées constamment d’un prurit. La dermatite atopique ne persiste au-delà de l’âge de 2 à 3 ans que dans 10% des cas ; seulement 2% persistent à l’âge adulte.

Aspects cliniques en fonction de l’âge

Chez le nourrisson

L’eczéma est constitué de plaques rouge vif mal limitées, croûteuses, parfois vésiculosuintantes et excoriées par le grattage. Les lésions prédominent au visage sur les convexités (front, joues, menton) en respectant la zone centrofaciale (nez, zone péribuccale) ; dans les formes plus importantes, elles peuvent atteindre le cuir chevelu, le cou, les faces d’extension des membres et le siège. Le prurit constant à partir de l’âge de 3 mois provoque des griffures au niveau du visage, des mouvements de frottement sur l’oreiller avec sommeil agité, mais cependant conservation d’un bon état général. L’évolution se fait par poussées avec fréquente surinfection staphylococcique.

Chez l’enfant

La persistance de la dermatite atopique au-delà de 2 ans est habituellement associée à une modification et à une présentation relativement uniforme de son aspect clinique. Ces enfants cumulent souvent les manifestations cutanées et respiratoires de l’atopie (asthme, rhinite allergique). La peau est sèche avec des plaques d’eczéma lichénifié et excorié par le grattage au niveau des plis des coudes, des creux poplités, du poignet, du cou et des mains. Les mamelons sont souvent eczématisés. Sur les mains, les lésions d’eczéma sont sèches avec aspect crevassé des doigts ; l’atteinte digitale constitue un handicap important.

L’évolution est fluctuante. La dermatite atopique est améliorée en saison estivale par l’ensoleillement et le bronzage ; elle est aggravée en hiver ; les situations émotionnelles stressantes, la chaleur et la transpiration, notamment les efforts physiques, aggravent ou déclenchent le prurit, qui constitue la principale gêne de la maladie.

Formes cliniques spécifiques de l’enfant

Le pityriasis alba se présente sous la forme de petites plaques hypochromiques à peine érythémateuses, quelquefois finement squameuses, dartres furfuracées. Il se situe surtout sur la face et sur les bras.

La dermatose plantaire juvénile a un aspect clinique très particulier : c’est une dermatose des enfants en âge scolaire portant en permanence des baskets. La face plantaire des orteils et la zone d’appui antérieur des deux pieds sont lisses, vernissées, souvent hyperkératosiques et crevassées ; les crevasses entraînent des douleurs et une gêne pour la marche et les activités sportives. Cette dermatose polyétiologique fait intervenir plusieurs facteurs : confinement dans des chaussures hermétiques, rétention sudorale, sensibilisation possible à des allergènes des chaussures (caoutchouc, colles, colorants), dermatite atopique.

La chéilite de léchage présente des fissures commissurales et labiales inférieures, une irritation périlabiale eczématiforme et un tic de léchage.

La blépharite palpébrale : on peut observer des érosions fissuraires des canthus externes, mais le signe le plus caractéristique est la présence d’un second pli palpébral inférieur (signe de Dennie-Morgan), considéré par certains comme pathognomonique.

Chez l’adulte

Le tableau clinique est souvent le même que celui de l’enfant. Les lésions chroniques et très lichénifiées se localisent sur les grands plis et les poussées peuvent atteindre les mains, où elles peuvent entraîner un handicap socioprofessionnel important, les paupières, ou être plus diffuses. La xérose est souvent importante. Toutes les autres formes cliniques d’eczéma peuvent se voir : eczéma nummulaire, dyshidrose, voire érythrodermie.

Diagnostic de la dermatite atopique

Dans la majorité des cas, le diagnostic de la dermatite atopique est clinique et ne nécessite aucune exploration complémentaire. Une exploration allergologique est décidée lorsque les lésions persistent malgré un traitement bien suivi, ou lorsque des lésions apparaissent à des endroits atypiques de la dermatite atopique. Elle peut comporter, en fonction de l’étiologie suspecte, la pose de patch-tests à la recherche d’une sensibilisation de contact.

Enfin, les allergènes alimentaires le plus fréquemment trouvés dans la dermatite atopique de l’enfant sont, par ordre de fréquence, le blanc d’oeuf, l’arachide, la moutarde, le lait de vache et le poisson. Une exploration photobiologique est envisagée en cas d’aggravation lors de l’exposition solaire.

Complications

Surinfection des lésions exsudatives et excoriées

Bactérienne et mycosique

Elles sont favorisées par le prurit, le grattage et les corticoïdes.

Virale

  • Syndrome de Kaposi-Juliusberg ou pustulose varioliforme : c’est une complication grave provoquée par un virus à tropisme cutané, le plus souvent herpétique (primo-infection essentiellement), plus rarement coxsackie ou grippal. L’éruption très fébrile avec altération de l’état général survient au cours d’une poussée évolutive de dermatite atopique. Elle débute assez brutalement sur le visage puis se généralise sous forme de vésiculopustules varioliformes ombiliquées, nécrotiques et hémorragiques. L’évolution est actuellement favorable sous traitement antiviral. Les complications viscérales par dissémination sont actuellement rares (encéphalite herpétique). La prévention chez l’atopique en poussée doit être l’éloignement de tout sujet de l’entourage atteint d’herpès.
  • Verrues vulgaires, multiples et chroniques, et molluscum contagiosum fréquents et profus.

Érythrodermie

Elle est parfois secondaire à un sevrage brutal d’une corticothérapie locale étendue ou d’une corticothérapie générale (contre-indiquée).

Problèmes relationnels

Les possibles complications psychoaffectives secondaires à un prurit chronique, à une peau érythémateuse suintante ou lichénifiée, doivent être prises en compte dans le traitement de la dermatite atopique.

Références

[1] Bousquet J, Godard P, Michel FB. Allergologie. Paris : Ellipses, 1993 : 1-494
[2] Dourtre MS. Immunodermatologie. Paris : Ellipses, 1994 : 1-375
[3] Ducombs G, Chabeau G. Dermato-allergologie de contact. Abrégés. Paris : Masson, 1988 : 1-168
[4] Foussereau J. Les eczémas allergiques cosmétologiques, thérapeutiques et vestimentaires. Paris : Masson, 1987 : 1-600